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5 heures du mat’, j’ suis immobile
Je poireaute bien droit dans la file
Avec mes potes en rang d’oignons
J’attends mon tour comme un mouton
Je rumine depuis l’aurore
J’ai l’impression qu’on m’ fait marcher
Tout un tas de gens d’ puis une heure
N’arrête pas de me palper
9 heures du mat’, j’ suis endormi
J’ me suis affalé dans la file
Autour de moi s ’est développé
La peur et l’insécurité
Ce n’est pourtant pas pour les beaux yeux
D’ Marianne, que j’ ai migré
Ni pour les 20% de ceux
Qui voudraient m’y voir crever
Moi je voudrais juste des papiers
Une petite piaule, de quoi bouffer, de quoi trinquer
Pour prendre l’air et p’têt un verre
A la terrasse d’un café
Sans risquer de me faire embarquer
11 heures du mat’, j’ suis réveillé
Par le bruit particulier
Des réacteurs d’un appareil
S’apprêtant à décoller
Cette fois ça y est ils se décident
La porte s’ouvre lentement
Je sens d’ la panique dans la file
Il faut sortir rapidement
Moi je voudrais juste des papiers
Une petite piaule, de quoi bouffer, de quoi trinquer
Pour prendre l’air et p’têt un verre
A la terrasse d’un café
Sans risquer de me faire embarquer
Déjà midi voici mon heure
Ils s’apprêtent à m’expulser
Cela n’ peut être qu’une erreur
Dans le pays des libertés
Je viens de tomber comme un sac
Autour de moi c’est une horreur
Ils nous ont entassé en vrac
Le monde entier dans un charter
Moi je voulais juste des papiers
Une petite piaule, de quoi bouffer, de quoi trinquer
Pour prendre l’air et peut-être un verre
A la terrasse d’un café
Sans risquer de me faire embarquer
Moi je voulais juste des papier
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une petite piaule, de quoi bouffer, de quoi trinquer
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