Tous les matins se réveiller afin d'aller gratter,
Tous les matins se motiver, le bus ne pas l'rater.
Moi quand j'monte dans cet omnibus bondé,
Qu'mes yeux et moi on est super fatigués.
Je rêve encore à tout à rien,
J'oublie mon corps, et c'putain de quotidien!
J'observe autour de moi des tronches de cadavres
Emballées sous cache-nez et sous imperméables,
Alors je pars dans mes pensées,
J'vais fouiller ma mémoire,
Quand j'étais gosse, putain !
J'prenais pas c'bus ringard !
Je n'disais pas « putain » d'ailleurs,
J'étais bien élevé,
Et courageux encore, je rentrais à pieds !
Et maintenant tous les soirs, je me tape le cafard,
Dans l'espace confiné d'un bus plein à craquer.
Les gens ne se parlent plus,
Y a plus d’lueur dans leurs regards,
Ils rentrent du chagrin se coucher très tard.
Moi aussi, je rentre du gratin,
Depuis peu, j'me suis mis au turbin,
Mais moi, j'vais pas aller m'coucher,
Je r'fuse le quotidien,
Et puis tiens ! Et puis tiens !
J'irais pas gratter d'main ! |