Le Chapeau  

A vot’ bon cœur messieurs, mesdames,
Il est temps d’sortir la mitraille,
Qui vous troue les poches de devant,
Qui vous troue les poches de derrière
Qui fait que vous n’manquez pas d’air.

Nous, nous vivons, dormons à crédit,
Nous attendons que nos rêveries
Nous rapportent un peu d’argent,
En attendant on dort, alors
Sauvez les fainéants…

Donc à c’propos, passe, passe le chapeau,
C’est un jeu rigolo…
Et le dernier qui l’a en main
Remportera le pot commun,
Et ça s’ra rien que pour ma gueule !
« Eh, ta gueule ! »

Dans ces conditions de jeu,
Mesdames, messieurs, comprenez bien,
Ce chapeau n’quittera pas nos mains.
Nos mains de pauvres clampins,
Et j’espère qu’il sera plein,
« C’est compris ? A ras bords ! »
Et j’espère qu’il sera plein, alors…

Passe, passe, passe, passe, passe…
Passe, passe le chapeau
C’est un jeu rigolo, mais pas pour les manchots.
Passe, passe, passe, passe, passe…
Passe, passe-le bien,
Et ce soir pour dîner, il y aura du lapin !
Laaapin !…

Ah, quel bon cœur
Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,
Merci pour les vauriens
Mais n’oubliez pas la morale
De ce chant de la faim :
Qu’ils soient jeunes ou vieux…
Qu’ils soient jeunes ou vieux…
Sauvez les feignants, les indolents, les nonchalants,
Les tire-au-cul, les tire-au-flanc…
Sauvez les feignants, les indolents, les nonchalants,
Les tire-au-cul, les tire-au-flanc…
Sauvez les maintenant

Passe, passe, passe, passe, passe…
Passe, passe le chapeau
C’est un jeu rigolo, mais pas pour les manchots
Passe, passe, passe, passe, passe…
Passe, passe le bien
Passe le bien dans les coins… « Coin Coin ! »
Passe, passe, passe, passe, passe…
Passe, passe le chapeau
C’est un jeu rigolo, mais pas pour les manchots
Passe, passe, passe, passe, passe…
Passe, passe le bien
Et ce soir pour dîner, on bouffera…
Aah… Aaah… Aaaah…
Du lapin !