J’avais sorti mes plus beaux coussins
Toutes mes plus belles parures
Epinglé les tissus les plus fins
Tendu de somptueuses tentures
J’enfilais mon plus beau ramage
Révisais mes plus belles tournures
J’envisageais même sans ambages
Que tout ne fût littérature
Mais tu ne vins pas, mes paroles t’indiffèrent
Tu ne vins pas, je reste tapis dans mon désert
Tu ne vins pas, tous mes gestes t’indiffèrent
Tu ne vins pas, j’étoffe seul dans ce désert
Et pourtant
J’ai tricoté la lune avec des doigts de velours
Et toujours tripoterai ta lune
Avec les doigts de l’amour
Je briguais et ta mise et ta mine
Tes dents telles d’exquises guipures
Me faufilais sous ses mousselines
Pour faire le point sur tes coutures
Je brodais de ravissants baratins
Afin de t’ourler dans mes plis
J’en vins à perdre mon latin
Sans jamais te voir dans mon lit
J’ai tendu des gazes à tous les étages
Tissé de vastes ciel de lit
Afin de piquer sous tes voilages
Ton doux lainage exquis
Alors vint l’heure, mignonnette
Où la nuit nous alpagua
Une nuit des plus chouettes
Bien roulée dans tes draps
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