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Dans les matinées de mon enfance
Quand je rentrais des foins tendres
Sous le soleil des vacances
Je courrais impatient m’étendre
Sous la table de la cuisine
Je contemplais tante Rachel
Mon héroïne splendide et divine
S’affairer autour de ses écuelles
C’ était un endroit paisible
Où j’observais en rêvassant
Sous la table invisible
Les flammes sous les chaudrons luisants
Les feux crépitent encore dans ma mémoire
Aux fumets aphrodisiaques
Quand j’ rentre de l’usine le soir
Les jambes, les bras et la gueule en vrac
Tante Rachel mon quintal
De tendresse monumentale
Rachel avait l’œil vigilant
Les mains moites et les doigts habiles
Elle courait gesticulant
Le poids d’ ses 100 kilos agiles
Je raffolais des bras de mon ogresse
De ses protubérances mammaires
Son tablier constellé de graisse
C’était mon ciel, ma nuit, ma chimère
Tante Rachel…
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Un peu désinvolte, un peu bourrue
Les chairs plutôt mal foutues
Excitante et démesurée
C’était le bonheur assuré
Je lui versais à la louche
Des tonnes de coquetteries
Tante Rachel n’ étant pas farouche
Riait souvent de mes niaiseries
Tante Rachel…
Lorsque venaient les beaux dimanches
Pucelles , prêtres défroqués
Ombrelles et robes blanches
S’affairaient autour du banquet
Puis, repue de manger et de boire
Toute la crème de l’élégance
Tout le gratin du terroir
Au soleil se dorait la panse
Tante Rachel…
Fini Rachel, fini tes cuisines
On est totalement givré
On s’ retrouve à la cantine
A bouffer des surgelés
Fini les moissons, fini l’été
Ah ! C’ qu’on déguste à l’usine
OGM réfrigérés
Fini Rachel, fini tes cuisines
Tante Rachel… |